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The Fraser Institute

Le gouvernement du Québec : évaluation de sa performance

Le gouvernement du Québec obtient une note globale de D+

Contact:

Michel Boucher, Professeur de science économique
École nationale d’administration publique, (418) 657-2485

Date: 20 October 1998

Politique fiscale note B-
Éducation note C-
Politique industrielle note C-
Travail note F
Politique de santé note D
Privatisation note C-
Réglementation note D-
Municipalités note D
Réforme politique note F
Note globale: note D+

Sainte-Foy, Québec>>> L'Institut Fraser rend publique aujourd'hui une évaluation de la performance du gouvernement du Québec depuis 1994. Michel Boucher, professeur de science économique à l'École nationale d'administration publique, est l'auteur de cette étude indépendante.

Sa conclusion est que le gouvernement du Parti québécois a voulu transposer au Québec la politique de résorption du déficit des provinces de l'Ontario et de l'Alberta. Sa tentative s'est révélée relativement fructueuse, mais des inquiétudes persistent.

Non seulement il a exercé une certaine forme de contrôle sur l'augmentation des taxes et impôts, mais il a aussi réussi à comprimer les dépenses publiques.

L'analyse plus approfondie révèle toutefois que les réformes entreprises par le gouvernement du Parti québécois n'ont pas de fondements administratifs sains et qu'elles ne peuvent assurer la réussite à long terme.

L'auteur de la recherche explique que, "Le gouvernement diminue les services aux citoyens, sans modifier la façon de procéder. Au lieu d'adopter des façons novatrices de produire plus par dollar de prélèvement, le gouvernement actuel s'est comporté comme les administrations qui l'ont précédé."

Cette absence d'innovation est particulièrement manifeste en matière de soins de santé où on observe une résistance insurmontable à l'impartition, à la sous-traitance et à l'introduction de mécanismes incitatifs semblables à ceux du marché. L'industrie des soins de santé se contente de réduire la durée de séjour des patients à l'hôpital après leur opération, mais les économies ainsi réalisées ne sont pas réinvesties dans la santé comme l'avait promis le gouvernement du Parti québécois. Elles sont réaffectées à la résorption du déficit. En d'autres termes, les citoyens ont à supporter le fardeau d'un système public de santé, dont la gestion laisse à désirer puisqu'ils sont forcés d'accepter des niveaux de service inférieurs. Le gouvernement du Parti québécois s'est servi de l'occasion pour refiler au secteur privé, c'est-à-dire à ceux qui versent des contributions à un régime privé, une fraction importante du coût du nouveau régime public d'assurance-médicaments. 1,2 million de Québécois qui ne profitaient pas auparavant d'un régime privé d'assurance-médicaments font assumer la part du lion par des tiers.

L'économiste Michel Boucher ajoute que, "l'absence manifeste d'esprit d'innovation se retrouve aussi en éducation. Plutôt que de favoriser la décentralisation et l'élargissement des choix aux parents, le gouvernement du Parti québécois a choisi de s'immiscer dans le domaine de la petite enfance."

En subventionnant seules les garderies sans but lucratif, il évince les garderies privées du marché. Il maintient le gel des frais de scolarité pour les études post-secondaires et il ne sensibilise pas les étudiants universitaires aux véritables coûts de leur formation. Le financement de l'enseignement universitaire reste toujours une formule régressive en ce que les transferts se font aux dépens des familles à faible revenu et au profit des familles à revenu élevé.

La politique de main-d'œuvre ne cesse de créer du chômage. Le gouvernement a augmenté le salaire minimum, destructeur reconnu d'emplois, en 1997 et 1998. Il ne fait rien pour atténuer la puissance des monopoles syndicaux. Il impose aux entreprises une taxe sur la formation en cours d'emploi, qui se révèle inutile. Il fait voter une loi sur l'équité salariale dont l'effet ultime sera de comprimer l'emploi du groupe visé.

Le gouvernement du Parti québécois compense les emplois qu'il a détruits par des programmes de subventions à la création d'emplois et des programmes de formation en cours d'emploi. Il entreprend aussi un ambitieux programme de garantie de prêts aux petites entreprises, mieux connu sous le nom du plan Paillé. La recension analytique de ces genres de programme indique qu'ils sont au mieux de qualité douteuse.

Le professeur Boucher ajoute que "Où qu'on tourne le regard, il semble que les politiques gouvernementales soient captives de la vieille tradition québécoise de soutenir des industries non rentables et d'étouffer la concurrence." Le refus du gouvernement du Parti québécois de considérer la réforme d'Hydro-Québec est source de grande déception. Quelques initiatives de privatisation, mineures, laissent quelqu'espoir de progrès.

L'incapacité du gouvernement du Parti québécois d'alléger le fardeau des réglementations impose à l'économie québécoise une charge supplémentaire que les producteurs ont déjà peine à supporter. C'est là un obstacle à la compétitivité du Québec, qui ne fera que s'amplifier, s'il choisit la séparation.

Le gouvernement du Parti québécois circonscrit aussi l'efficacité et la concurrence par les politiques qu'il applique aux municipalités. Plutôt que de suivre la tendance nord-américaine forte en faveur de la décentralisation, le gouvernement actuel ignore les pressions des municipalités en faveur d'une plus grande indépendance et il ne cesse de s'immiscer dans leurs opérations.

Le gouvernement du Parti québécois oppose une résistance constante aux changements aussi bien dans la vie politique que dans la vie économique du Québec. Plutôt que d'accorder aux citoyens le droit de proposer une initiative au vote populaire, il se réserve jalousement le droit de formuler les questions sur l'indépendance du Québec.

L'évaluation suggère que le gouvernement du Parti québécois se comporte comme un funambule qui marche sur une corde raide. Il peut tout aussi bien réussir l'exploit que manquer dramatiquement son coup. L'assainissement des finances publiques ne fait que commencer et les écueils à surmonter sont encore nombreux avant la réussite à long terme. Le professeur Boucher conclut que, "Il existe bien ici et là des vagues manifestations de bonne volonté, mais aucune initiative de fond de sa part ne justifierait la conclusion que le gouvernement du Parti québécois est engagé dans la bonne voie."

Le Fraser Institute est un organisme économique de recherche qui est indépendant et apolitique. L’institut a, parmi ses nombreuses activités de recherche, un programme d’évaluation de la performance des gouvernements fédéral et provinciaux. Au cours des dix dernières années, le Fraser Institute a publié des évaluations de la performance des gouvernements de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de l’Ontario ainsi que celles des gouvernements fédéraux du parti conservateur et du parti libéral. Le Fraser Institute publiera à la fin du mois d’octobre une nouvelle évaluation de la performance du gouvernement de la Colombie-Britannique.


Established in 1974, The Fraser Institute is an independent public policy organization based in Vancouver.

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