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12. REMARQUES FINALES La première conclusion de notre évaluation est que le gouvernement du Parti québécois a voulu transposer au Québec la politique de résorption du déficit des provinces de lOntario et de lAlberta. Sa tentative sest révélée relativement fructueuse, mais des inquiétudes persistent. Non seulement il a exercé une certaine forme de contrôle sur laugmentation des taxes et des impôts, mais il a aussi réussi à comprimer les dépenses publiques. Une analyse plus approfondie révèle toutefois que les réformes entreprises par le gouvernement du Parti québécois nont pas de fondements administratifs sains et quelles ne peuvent assurer la réussite à long terme. Le gouvernement diminue les services aux citoyens, sans modifier la façon de procéder. Au lieu dadopter des façons novatrices de produire plus par dollar de prélèvement, le gouvernement actuel sest comporté comme les administrations qui lont précédé. Doù la note B-. Cette absence dinnovation est particulièrement manifeste en matière de soins de santé où on observe une résistance insurmontable à limpartition, à la sous-traitance et à lintroduction de mécanismes incitatifs semblables à ceux du marché. Lindustrie des soins de santé se contente de réduire la durée de séjour des patients à lhôpital après leur opération, mais les économies ainsi réalisées ne sont pas réinvesties dans la santé comme lavait promis le gouvernement du Parti québécois. Elles sont réaffectées à la résorption du déficit. En dautres termes, les citoyens ont à supporter le fardeau dun système public de santé, dont la gestion laisse à désirer puisquils sont forcés daccepter des niveaux de service inférieurs. Le gouvernement du Parti québécois sest servi de loccasion pour refiler au secteur privé, cest-à-dire à ceux qui versent des contributions à un régime privé, une fraction importante du coût du nouveau régime public dassurance-médicaments. 1,2 million de Québécois qui ne profitaient pas auparavant dun régime privé dassurance-médicaments font assumer la part du lion par des tiers. Une assurance dont les coûts ne sont pas totalement assumés par lassuré est la recette infaillible pour la multiplication des abus et des risques à la santé. Doù la note D. Labsence manifeste desprit dinnovation se retrouve aussi en éducation. Plutôt que de favoriser la décentralisation et lélargissement des choix aux parents, le gouvernement du Parti québécois a choisi de simmiscer dans le domaine de la petite enfance. En subventionnant les seules garderies sans but lucratif, il évince les garderies privées du marché. Il maintient le gel des frais de scolarité pour les études post-secondaires et il ne sensibilise pas les étudiants universitaires aux véritables coûts de leur formation. Le financement de lenseignement universitaire reste toujours une formule régressive en ce que les transferts se font aux dépens des familles à faible revenu et au profit des familles à revenu élevé. Finalement, nous ne pouvons que féliciter le gouvernement du Parti québécois davoir résisté aux pressions des syndicats denseignants en faveur de labandon des épreuves annuelles des élèves de 4e et de 5e secondaires. Le résultat des épreuves permettent aux parents de comparer la qualité des différentes écoles. Doù la note C-. La politique de main-duvre ne cesse de créer du chômage. Le gouvernement a augmenté le salaire minimum, destructeur reconnu demplois, en 1997 et 1998. Il ne fait rien pour atténuer la puissance des monopoles syndicaux. Il impose aux entreprises une taxe sur la formation en cours demploi, qui se révèle inutile. Il fait promulguer une loi sur léquité salariale dont leffet ultime sera de comprimer lemploi du groupe visé. Doù la note F. Le gouvernement du Parti québécois compense les emplois quil a détruits par des programmes de subventions à la création demplois et des programmes de formation en cours demploi. Il entreprend aussi un ambitieux programme de garantie de prêts aux petites entreprises, mieux connu sous le nom du plan Paillé. La recension analytique de ce genre de programme indique quils sont au mieux de qualité douteuse. Malheureusement, le gouvernement du Parti québécois ne diffère pas des autres gouvernements provinciaux en cette matière. Doù la note de C- pour la politique industrielle. Où que lon tourne le regard, il semble que les prommes gouvernementaux soient captifs de la vieille tradition québécoise de soutenir des industries non rentables et détouffer la concurrence. Le refus du gouvernement du Parti québécois de considérer la réforme dHydro-Québec est source de grande déception. Quelques initiatives de privatisation, mineures, laissent quelquespoir de progrès. Doù la note C- pour la politique de privatisation. Lincapacité du gouvernement du Parti québécois dalléger le fardeau des réglementations impose à léconomie québécoise une charge supplémentaire que les producteurs ont déjà peine à supporter. Cest là un obstacle à la compétitivité du Québec, qui ne fera que samplifier, sil choisit la séparation. Au fait, le gouvernement du Parti québécois poursuit activement une politique de rétrécissement des forces du marché en réglementant le prix du livre et de lessence, en restreignant indûment lusage du tabac et en étouffant le commerce de produits agricoles en violation flagrante des traités internationaux et des accords sur le commerce intérieur. Doù la note D- pour la politique de réglementation. Le gouvernement du Parti québécois circonscrit aussi lefficacité et la concurrence par les politiques quil applique aux municipalités. Plutôt que de suivre la tendance nord-américaine forte en faveur de la décentralisation, le gouvernement actuel ignore les pressions des municipalités en faveur dune plus grande indépendance et il ne cesse de simmiscer dans leurs opérations. Doù la note D pour la politique municipale. Le gouvernement du Parti québécois oppose une résistance constante aux changements aussi bien dans la vie politique que dans la vie économique du Québec. Plutôt que daccorder aux citoyens le droit de proposer une initiative au vote populaire, il se réserve jalousement le droit de formuler les questions sur lindépendance du Québec. Doù la note F. La note générale que nous attribuons au gouvernement du Parti québécois est D+. Malgré les observations, commentaires et critiques sévères que nous avons formulés sur la performance du Parti québécois, nous sommes conscients quil faisait face à des obstacles de taille dans sa recherche dassainissement des finances publiques. Il a hérité dune lourde dette, dun régime fiscal et dun environnement réglementaire parmi les plus hostiles aux entreprises en Amérique du Nord et il a dû traiter avec des secteurs dactivité fortement syndiqués. Le gouvernement du Parti québécois éprouve aussi des difficultés damnésie fiscale. Une partie de la note qui découle de la mauvaise gestion du gouvernement du Québec est assumée par les autres provinces canadiennes par leffet des paiements de péréquation. Ce contexte atténue les incitations quauraient normalement les citoyens québécois dexiger des réformes en profondeur. Il a entrepris de réformer le régime fiscal et sest opposé aux demandes déraisonnables des monopoles syndicaux. La note D+ suggère que le gouvernement du Parti québécois se comporte comme un funambule qui marche sur une corde raide. Il peut tout aussi bien réussir lexploit que manquer dramatiquement son coup. Lassainissement des finances publiques ne fait que commencer et les écueils à surmonter sont encore nombreux avant la réussite à long terme. Le gouvernement du Parti québécois aurait pu obtenir une note voisine de B sil avait témoigné dune véritable volonté dinnover dans la tâche de fournir des services de meilleure qualité aux citoyens. Il existe bien ici et là de vagues manifestations de bonne volonté, mais aucune initiative de fond de sa part ne justifierait la conclusion que le gouvernement du Parti québécois est engagé dans la bonne voie.
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