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3. LA RÉSORPTION DU DÉFICIT Une perspective générale Lassainissement des finances publiques a été et est une préoccupation majeure du gouvernement du Parti québécois. Cette prise de position simposait en raison des circonstances. Ce gouvernement a toutes les raisons du monde de sinquiéter. La dette doit être éventuellement remboursée. La question qui hante tous les esprits et qui crée de lincertitude dans léconomie se réfère à la manière dont se fait le remboursement. Les contribuables auront-ils à assumer le fardeau ou le gouvernement essaiera-t-il dêtre plus efficace et trouvera-t-il des façons de réduire les coûts sans diminuer les services ? Ce sont les agents économiques qui opèrent actuellement dans léconomie et qui supportent lincertitude de lavenir. Chaque investisseur qui fuit présentement la province afin déviter la menace des taxes et impôts futurs en ralentit le développement économique. Ces investisseurs ne sont pas seulement de riches propriétaires d'usines, mais aussi chaque citoyen qui est détenteur dun fonds de retraite quelconque. Lunique manière dont ils peuvent fuir le danger est de placer leur argent à lextérieur de la province. Comme le montre le tableau 1, les investisseurs, dont les intentions sont de se lancer en affaires au Québec, doivent considérer que les sommes de richesse provinciale requises pour rembourser la dette exigeront de chaque Québécois et Québécoise de consacrer un peu plus de 28 pour cent de leur revenu annuel à la province. Tableau 1
Source : Les discours sur le budget du Québec et de lOntario, 1994/1995 à 1998/1999. Le tableau indique aussi une baisse relative de la dette en regard du PIB. La province de Québec sest engagée dans la bonne direction, et comme le tableau le révèle, sa vitesse de croisière est sensiblement la même que celle de son voisin et principal concurrent, lOntario. La réduction de la dette est un développement prometteur et elle montre que le gouvernement du Parti québécois a compris l'importance de contenir ce mauvais et dangereux génie. Que le gouvernement dune province ait ou non du succès à long terme à maîtriser lévolution de la dette dépend de la manière quil choisit pour en venir à bout. La province devrait-elle réduire ses dépenses, accroître ses taxes et impôts ou adopter une combinaison de ces deux stratégies ? La recherche des économistes Alberto Alesina de luniversité Harvard et Roberto Perotti (1995) de luniversité Columbia peut nous fournir un indice. Ils ont analysé les stratégies de presque tous les pays de lOCDE entre 1960 et 1992 et ils se sont demandé quelle avait été une réduction réussie du déficit, en pourcentage de la richesse nationale. Leur définition dune réussite était à leffet que trois ans après ladoption par le gouvernement d'un pays dune politique fiscale et financière restrictive, son ratio de la dette sur le PIB était au moins de cinq points de pourcentage inférieur à celui qui existait initialement, lorsque le gouvernement sétait attaqué à la diminution du déficit budgétaire. En dautres mots, les mesures fiscales et financières avaient-elles résisté aux pressions par la suite ? Voici ce quils ont trouvé : les pays qui ont réussi ou qui ont presque exclusivement compté sur des réductions des dépenses pour diminuer la dette. Les pays qui ont échoué se sont appuyés presque exclusivement sur des hausses des taxes et des impôts pour réduire la dette. Le tableau 2 donne lampleur moyenne, en points de pourcentage du PIB, des diminutions de dépenses et des augmentations de recettes fiscales des pays qui ont eu du succès et ceux qui nen ont pas eu. Tableau 2
Source : Alesina et Perotti (1995 : 226) Le tableau 3 comprend deux parties, celle de gauche se réfère aux modifications des dépenses et celle de droite aux variations de recettes fiscales des provinces de Québec et de lOntario. Les deux autres colonnes reproduisent les pourcentages respectifs dun ajustement réussi contenu au tableau 2. Il appert que le gouvernement du Parti québécois se soit conformé aux normes d'une contraction fiscale et financière réussie pour lannée 1996/1997, puisque sa combinaison de hausses de recettes fiscales et de réduction des dépenses l'a placé au-dessus des normes de lOCDE pour quun ajustement soit considéré comme réussi. Quant aux autres années, la stratégie du gouvernement est à la limite. Il semble que le gouvernement du Parti québécois se déplace sur une trajectoire étroite entre le succès à long terme et léchec. Ce qui est impressionnant à première vue pourtant, est que si lon compare la situation québécoise avec celle de lOntario, la première se conforme davantage aux normes de réussite des pays de lOCDE que la seconde. L'explication réside dans le fait que lOntario a profité dune forte croissance économique qui a rempli son fonds consolidé et qui lui a permis de différer lensemble de ses réductions de dépenses. Au Québec, le gouvernement n'a pas profité dune telle occasion et a cherché à diminuer essentiellement ses dépenses par une réduction de lemploi et des salaires du secteur public, par un déplacement vers les municipalités de certaines responsabilités qui impliquent des dépenses et par une contribution monétaire obligatoire pour réduire son déficit. Tableau 3
Source : Calculs de lauteur à partir des budgets provinciaux respectifs. Les observations dAlesina et de Perotti vont beaucoup plus loin. Ils ont constaté que les réductions de dépenses devraient être divisées plus ou moins également entre des réductions de salaires des employés du secteur public et des diminutions des paiements de transfert. Le gouvernement du Parti québécois n'a pas osé toucher à ces derniers. Il a diminué les salaires. Alesina et Perotti ont constaté que, dans les pays qui ont fait avec succès des efforts afin de réduire le déficit, le ratio des emplois gouvernementaux sur lemploi total demeure relativement constant ou même quil décroît légèrement. Comme le tableau 4 lindique, la situation québécoise sinscrit dans ce modèle, du fait que le ratio a chuté de 7,4 % en quatre ans. Tableau 4
Source :Emploi, gains et durée du travail et emploi et salaires et traitements dans le secteur public. Statistique Canada (1998) Toutefois, les pourcentages des deux tableaux ne révèlent pas que la baisse relative de lemploi dans le secteur public et les diminutions salariales des employés du secteur public et para-public québécois découlent de la nécessité pure et simple de réduire les dépenses. Les réductions ne sont pas la résultante de méthodes récemment mises au point, par lesquelles des employés gouvernementaux peuvent augmenter leur production, tout en acceptant moins, mais quelles proviennent au contraire dapproches conflictuelles dont lobjectif nest pas de faire appel à la raison et dinspirer des sentiments aux employés du gouvernement. Les détails sur la manière de faire sont contenus dans lencadré 1.
Le critère de réussite fiscale et financière d'Alesina et de Perotti doit être uniquement considéré comme un indicateur très rudimentaire dans lévaluation de la pertinence ou non des prommes adoptés par un pays. Leur analyse sapplique aux trois paliers de gouvernement. Leur critère de réussite à long terme ne couvre que trois ans. Létude très générale dAlesina et de Perotti n'est pas capable dapprofondir la question plus importante qui est celle-ci : comment se passent les réductions de dépenses ? Il peut être possible qu'un gouvernement diminue les dépenses, mais quil laisse une bureaucratie et une structure organisationnelle affaiblie. Comme nous le ferons remarquer tout au long de cette évaluation, il semble bien que le gouvernement du Parti québécois agisse ainsi. Il réduit les dépenses, mais il ne change pas sa façon de faire les choses. Lapproche gouvernementale ne comporte pas de mesures fondées sur les mécanismes dincitation, comme le prix. Elle ne prévoit pas le recours à limpartition et à la sous-traitance pour abaisser les coûts de production du secteur public. Quant à la privatisation proprement dite, il nen est nullement question, puisque le gouvernement du Parti québécois retient comme doctrine que personne ne doit réaliser des profits à même la production de services à la communauté. Il a aussi protégé avec jalousie son droit de diriger et dédicter des règlements de sa position dominante plutôt que de décentraliser les services gouvernementaux. Les réductions plus modestes de dépenses de lOntario seront plus fructueuses en longue période, puisque le gouvernement ontarien essaie de donner aux citoyens plus de services pour chaque dollar de dépenses gouvernementales. Au Québec, le gouvernement du Parti québécois retarde dans sa recherche de trouver de nouvelles façons de fournir des biens et des services de valeur qui correspondent véritablement aux taxes et impôts versés par les contribuables.
Un dernier commentaire simpose sur la valeur de la réduction des dépenses publiques. Des critiques craignent que si le gouvernement réduit le niveau des dépenses, les citoyens bénéficiaires ne prennent pas la relève par leurs dépenses. Il en résultera une récession économique. Des recherches récentes sur le sujet suggèrent que cette appréhension nest nullement fondée. Dans une étude de deux pays européens, qui porte sur les années 1980, les économistes Giavazzi et Pagano (1990) ont trouvé que les pays dont le gouvernement avait introduit une réduction permanente des dépenses gouvernementales ont vu la consommation et le revenu national saccroître. Selon eux, une diminution des dépenses envoie un message important aux consommateurs : que les taxes et les impôts seront plus faibles dans un proche avenir. Comme ils anticipent cette aubaine, les consommateurs augmentent leurs dépenses. Cela explique peut-être pourquoi dans une recherche effectuée par des économistes du Fonds monétaire international (FMI), Tanzi et Schucknecht (1997 et 1996), ont trouvé que les pays, dont le gouvernement dépense entre 30 et 35% du PIB, enregistrent un taux de croissance plus élevé et réalisent une performance supérieure, mesurée par sur une gamme variée d'indicateurs sociaux et économiques, que celui de pays qui ont permis au gouvernement de prendre une importance plus grande dans léconomie. Le système fiscal Comme les autres sections de lévaluation consisteront à analyser en détail les dépenses de plusieurs programmes, nous nous concentrerons dans le reste de cette section sur la politique de taxation du gouvernement du Parti québécois. Deux thèmes majeurs sont à souligner. Le premier est que nous félicitons le gouvernement du Québec pour la réforme partielle du système fiscal. L'idée derrière la réforme était denlever ou de modifier plusieurs déductions équivoques de limpôt sur le revenu des particuliers, de restreindre la table dimposition qui ne comportera que trois taux au lieu de cinq, déliminer limpôt sur le revenu des particuliers pour les contribuables à faibles revenus et de diminuer limpôt sur le revenu des particuliers. Les sommes perdues sont récupérées par une augmentation de la taxe de vente du Québec (TVQ) de un point de pourcentage, soit de 6,5% à 7,5%. Le recours à une plus grande taxation de la consommation simplifie le système fiscal et encouragera les gens à travailler plus fort et à investir davantage. Le gouvernement sest aussi assuré que cette substitution était neutre en termes de recettes fiscales, cest-à-dire que les électeurs obtiennent un système fiscal plus efficace sans avoir la sensation dun fardeau fiscal plus élevé (Budget 1997/1998 : 14). Nous partageons les préoccupations du ministre des Finances lorsquil affirme : « En effet, le poids de limpôt sur le revenu tend à alourdir les coûts de la main-duvre des entreprises. La taxe de vente est beaucoup moins dommageable pour la compétitivité de notre économie, puisquelle est soustraite du prix des produits exportés. Elle est aussi plus respectueuse de la liberté de choix des contribuables qui utilisent leur revenu disponible comme ils lentendent » (Budget 1997/1998 : 18). On peut se demander dès lors pourquoi il ne profite pas de loccasion, lors de son prochain budget, pour remplacer limpôt sur le revenu des particuliers par une taxe générale sur la consommation en raison de ses effets bénéfiques sur les entreprises exportatrices et sur les consommateurs. En 1998, une fois son système fiscal simplifié, le gouvernement du Québec a décidé dalléger la fiscalité des petites et des moyennes entreprises en diminuant la taxe sur la masse salariale à partir de juillet 1999 (Budget 1998/1999 : 17-18). C'est une politique pleine de bon sens puisque les taxes sur la masse salariale sont destructrices demploi. Pourtant, le gouvernement n'aurait pas dû limiter la réduction des taxes sur la masse salariale aux petites et aux moyennes entreprises, ni attendre lan prochain. Chaque fois que le système fiscal favorise une forme dentreprise plutôt quune autre, il encourage les personnes à placer leur argent dans certaines entreprises uniquement parce que le régime fiscal les incite à le faire, et non pas en raison des avantages économiques réels. Les réformes fiscales devraient sappliquer à toutes les firmes et ne devraient pas se concentrer sur des secteurs particuliers. Sil est vrai que le gouvernement du Parti québécois a entrepris quelques bonnes initiatives pour réformer le régime fiscal, il montre encore une propension à favoriser certains secteurs au détriment dautres. Les modalités prennent la forme de crédit dimpôt pour des dépenses engagées, tels lexploration minière et les films, de congés fiscaux pour susciter la création de nouvelles entreprises et dexonérations dimpôt et de taxes pour certaines activités. Le Fonds de solidarité des travailleurs de la FTQ et la Fondaction de la CSN en constituent une variété. Les dépenses fiscales constituent une taxe négative ou une subvention et créent des inefficacités économiques en ce quelles favorisent certaines activités au détriment dautres. Le gouvernement du Québec doit travailler à éliminer ces allègements fiscaux spéciaux dans une perspective qui se révèle neutre en termes de recettes fiscales, cest-à-dire qui na aucun effet sur les finances publiques, afin daugmenter l'efficacité de son système fiscal. On doit faire preuve de prudence envers les louanges sur les initiatives qui conduisent à une plus grande efficacité du système fiscal du Québec. Quand on discute dune telle efficacité, on fait mention de l'efficacité pour tout niveau donné de recettes fiscales levées. Le gouvernement du Parti québécois est en train de tondre la toison dun mouton, tout en cherchant à minimiser ses bêlements, sans pour cela cesser de tondre le mouton. Il existe une forme différente defficacité à laquelle le gouvernement doit également faire attention : C'est l'efficacité d'avoir un niveau général de taxation plus faible. Parmi les niveaux généraux de taxation, la province de Québec se classe au premier rang. Une manière de faire prendre conscience de limportance de la taxation à laquelle sont soumis les contribuables québécois est le calcul du jour de la libération fiscale : Quand ceux-ci cessent de travailler pour tous les niveaux de gouvernement. Emes et Walker (Fraser Forum, 1998a : 13) indiquent que le jour J de lannée 1998 est le 6 juillet. Il faut rappeler que les Québécois sont les bons derniers depuis 1985. Le tableau 5 donne lévolution du jour de la libération fiscale pour toutes les provinces canadiennes pour cinq années. Bref, les coûts supplémentaires qui résultent dune hausse de la taxation révèlent que laction gouvernementale coûte cher. Tableau 5
Source : Emes et Walker (Fraser Forum, 1998a : 13). Il est crucial que le gouvernement du Parti québécois agisse pour corriger cette situation. En voici la véritable raison : Les taxes et les impôts qui servent au financement des dépenses publiques sont sources dinefficacités économiques fort importantes. Dès 1984, des chercheurs québécois estimaient que le prélèvement de un dollar au moyen de limpôt québécois sur le revenu des particuliers coûtait entre 1,15 $ et 1,38 $, selon les valeurs attribuées à lélasticité de loffre de travail (Bernard Fortin et al, 1984 : 18). Dahlby (1994) calcule pour la province de Québec que le coût supplémentaire dune augmentation des revenus fiscaux de un dollar sétablissait à 1,78 $ en 1986 et à 1,99 $ en 1993. À titre de comparaison, le coût additionnel le plus bas pour lannée 1986 est de 1,38 $ et il est observé en Colombie-Britannique et en 1993 à 1,40 $, cette fois-ci en Alberta. Les inefficacités économiques aussi élevées sexpliquent par les changements de comportement des consommateurs et des producteurs touchés par les taxes et les impôts. Un lourd fardeau fiscal que les contribuables jugent excessif les incite à réduire leurs échanges et cest la valeur de 0,99 $, précédemment mentionnée, qui mesure la baisse dactivités. Voici un aperçu des initiatives qui soffrent alors aux agents économiques confrontés à un tel dilemme : choix entre la consommation présente et lépargne, entre le travail et les loisirs, entre différentes formes de rémunérations, de placements, dinvestissements, de modes dorganisation et de financement, entre sécurité et risque, entre différentes techniques et lieux de production et entre différents biens de consommation. Il convient aussi dajouter, à cette énumération, le coût des activités légales au noir ( travail, troc et autres modalités), les coûts reliés au processus politique, puisque les groupes bien organisés investissent temps et argent pour demander des privilèges fiscaux de toutes sortes afin de réduire le niveau de leurs taxes et de leurs impôts et les coûts dadministration du percepteur et dacquittement du contribuable. Le deuxième développement dimportance qui touche le système fiscal québécois est omniprésent et il porte moins sur le gouvernement du Québec comme tel que sur ses efforts daccroître l'efficacité du système fiscal. Depuis sa prise du pouvoir, le gouvernement du Parti québécois a résolument cherché à éliminer lévasion fiscale sous toutes ses formes. Il a fait preuve dun zèle remarquable dans cette répression. Jusquà présent, le gouvernement du Parti québécois a lancé une attaque impressionnante. Il a tout dabord embauché une petite armée de nouveaux percepteurs, 1077 pour lannée 1996/1997 (Ministère du Revenu, 1997 : 21). Le graphique 2, tiré du Budget (1998b : 3), donne les recettes fiscales supplémentaires quont procurées la répression de léconomie souterraine et la lutte contre lévasion fiscale. En effet, le gouvernement du Parti québécois a pu récupérer en trois ans une somme additionnelle de 2,694 milliards. Un fort pourcentage provient de laugmentation des activités de vérification comptable du ministère du Revenu. Quant au reste des recettes fiscales, elles découlent des efforts pour enrayer le travail noir dans lindustrie de la construction, le commerce illégal des boissons alcooliques, lexploitation dappareils de loteries vidéo illégales et les activités du crime organisé. Les activités de vérification comptable du ministère du Revenu ont doublé; leur contribution aux recettes totales du gouvernement du Québec est passée de 2% en 1993-1994 à 4% en 1997-1998. Graphique 2
Source: Budget (1998b : 3). Il est pleinement sensé de sattaquer à l'économie souterraine si lexercice se fait dans une perspective de neutralité fiscale, cest-à-dire que le gouvernement ne profite pas de loccasion pour hausser les recettes fiscales. Celui-ci peut alors utiliser les sommes additionnelles ainsi relevées pour réduire le fardeau fiscal de tous les autres contribuables. Il en découle que le fardeau fiscal dans son ensemble est alors supporté plus également par chacun. En plus dêtre juste, cette réduction est aussi efficace puisque chaque consommateur et chaque producteur constatent un taux dimposition plus faible et ils sont donc amenés à consommer ou à investir. Quand la répression de léconomie souterraine na aucunement pour objectif de retourner la totalité des sommes perçues aux contribuables, l'économie peut en souffrir. En effet, le gouvernement peut se servir de ces recettes supplémentaires pour différer le jour où il devra procéder aux réformes sur les manières quil a de gérer la chose publique. L'économie souterraine se révèle un territoire utile à conquérir pour un gouvernement qui préfère sappuyer sur la coercition, plutôt que dentreprendre des réformes intelligentes dans une perspective de neutralité fiscale et de réduction du fardeau fiscal des contribuables et des entreprises. Évaluation Ce qui émerge de lanalyse de la résorption du déficit se révèle à la fois encourageant et inquiétant, doù la note B-. Il est encourageant que le gouvernement du Québec ait cherché à juguler ses déficits et quil progresse vers lobjectif du «déficit zéro» avec rapidité. Ce n'est pas un mince exploit du fait que le Québec ne dispose pas de la richesse des ressources naturelles de lAlberta, ni ne profite des bienfaits dun taux de croissance semblable à celui de l'économie de lOntario. Le gouvernement du Parti québécois a fait des efforts sincères de réduire les dépenses. Le problème fondamental se situe dans la façon de diminuer les dépenses, ce qui constitue la source dinquiétude. La réduction des dépenses est faite sans tentative significative de dédommager les contribuables pour les services perdus. Dans tous les domaines de la vie économique, on voit des producteurs qui essaient den donner toujours plus aux consommateurs, tout en demandant moins. Cette philosophie ne se retrouve pas dans la démarche du gouvernement du Parti québécois. Celui-ci devrait sinspirer des développements qui émanent de lOntario pendant quil cherche à modifier ses façons de faire. Ce n'est pas seulement malheureux pour les consommateurs de biens et services produits par le gouvernement. Cest aussi dangereux pour le gouvernement lui-même. Les modifications de dépenses qui ne sont pas fondées sur des changements importants et profonds de ladministration gouvernementale risquent d'être uniquement temporaires. Déjà, par rapport au budget de lannée 1998-1999, le gouvernement du Parti québécois a dû accroître ses dépenses de plus de 200 millions. C'est une secousse qui peut signaler quun plus grand tremblement de terre sannonce. Le reste de cette évaluation se concentre sur les grands secteurs des dépenses du gouvernement du Québec, explique la performance du gouvernement et suggère des manières de changer «la fonction de production» des biens et des services proposés par le gouvernement.
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