Bulletin des écoles secondaires du Québec, Édition 2000 
  Peter Cowley et Richard Marceau
 
 
 
Une mesure de la performance des écoles secondaires 

L'élément clé du Bulletin est sa cote globale de la performance scolaire de chaque établissement. Cette cote de zéro à dix est établie à partir des résultats aux épreuves que publie chaque année le ministère de l'Éducation. 

Quelle est la performance de l'école à l'égard des principaux indicateurs? 
  
Notre cote globale sur 10 de la performance scolaire s'appuie sur les résultats aux épreuves obtenus par les élèves dans quatre matières clés: langue d'enseignement et langue seconde chez les élèves de secondaire V, sciences physiques et histoire du Canada et du Québec chez les élèves de secondaire IV. Les indicateurs calculés à partir de ces données sont les suivants: 

  • résultats aux épreuves; 
  • pourcentage d'épreuves manquées; 
  • surestimation des résultats scolaires par l'école; 
  • différence entre garçons et filles à l'égard de la mesure précédente. 
Nous avons choisi cet ensemble d'indicateurs parce qu'ils donnent une vue systématique de la performance de l'établissement(12). Comme ces indicateurs sont basés sur des données publiées annuellement, nous pouvons mesurer non seulement le rendement annuel, mais aussi son progrès ou son recul au fil des ans. 

Indicateurs d'efficacité de l'enseignement 
  
1 Résultats aux épreuves 
  
Pour chaque école, sous la rubrique Résultats aux épreuves, le tableau indique la note moyenne, non convertie, qu'ont obtenue les élèves dans chacune des quatre matières visées lors des épreuves du ministère, tenues en juin. Pour déceler d'éventuels progrès ou reculs, au fil des ans, et pour établir une cote globale de zéro à dix, on regroupe les résultats moyens des quatre matières en un seul résultat moyen global. On trouvera, ci-dessous, une explication détaillée de l'algorithme utilisé pour établir les tendances et les cotes globales. 

Les épreuves sont conçues pour mettre en évidence, à travers la distribution des résultats, les écarts inévitables dans l'assimilation de la matière enseignée. Les résultats à ces épreuves seront évidemment influencés par des différences, d'un élève à l'autre, quant aux intérêts, aux aptitudes, à la motivation et aux habitudes de travail. Ces différences ne sont pas qu'individuelles puisque l'on peut déceler par ailleurs des écarts entre les écoles d'une même région. Les résultats d'une école varient aussi d'une matière à l'autre. On ne saurait donc expliquer les écarts en invoquant strictement les particularités individuelles et le contexte familial des élèves. Pour toutes ces raisons, il a paru raisonnable d'inclure, parmi les indicateurs d'efficacité de l'enseignement, les résultats moyens obtenus aux épreuves du ministère par chacune des écoles. 

2 Surestimation par l'école des résultats scolaires 
  
Cet indicateur (inscrit aux tableaux sous la rubrique Surestimation par l'école) mesure, pour chaque établissement, dans quatre matières clés, l'écart entre les résultats aux épreuves du ministère et les notes accordées par l'école, dans le courant de l'année, lors de travaux ou d'examens locaux. On attribue à cet indicateur une valeur de zéro lorsque le résultat aux épreuves du ministère est supérieur aux notes attribuées localement par l'école dans le courant de l'année. 

Un enseignement efficace requiert une vérification régulière des connaissances assimilées par les élèves pour que ceux-ci puissent prendre conscience de leurs progrès. La surestimation des résultats par l'école, s'il s'agit d'une politique systématique, aura un effet contraire à celui que l'on aurait pu chercher à créer de cette façon. Des élèves qui s'illusionnent sur leur succès scolaire seront moins portés à consentir les efforts supplémentaires qui leur auraient permis de maîtriser la matière enseignée. Ils perdront au change, n'ayant pas atteint le niveau de compréhension que leur aurait procuré une étude plus approfondie. 

On peut mesurer l'efficacité des méthodes d'évaluation internes de l'école en comparant les résultats de ces méthodes à ceux d'épreuves ex­ternes. Le ministère de l'Éducation, qui a lui-même conçu les cours, administre aussi les épreuves de fin d'année, qui mesurent l'assimilation de la matière enseignée. Si les notes attribuées par l'école indiquent un niveau de succès scolaire que l'étudiant confirme ou dépasse même par ses résultats aux épreuves, c'est que l'école a donné à l'élève une juste évaluation de ses progrès scolaires. Il convient donc de retenir cet indicateur comme seconde mesure de l'efficacité de l'enseignement. 

Les indicateurs d'équité dans l'enseignement 
  
Les écoles efficaces veillent à ce que tous leurs élèves soient encouragés à s'accomplir pleinement et à ce qu'ils soient assistés dans cette entreprise, indépendamment de tout désavantage réel ou perçu résultant de leurs particularités individuelles et familiales. Les enseignants de ces écoles tiennent compte des caractéristiques de leurs étudiants dans la conception et la mise en application des plans de cours. Ce faisant, ils réduisent les risques de différences systématiques à l'égard de la réussite scolaire entre divers sous-groupes de la population étudiante. 

1 Échecs dans les quatre matières considérées 
  
Cet indicateur - représenté sur les tableaux par la mention Échec (%) - fournit, comme son nom l'indique, le pourcentage d'échec dans quatre matières essentielles. On établit ce taux d'échec en divisant le nombre de cours où les notes finales (épreuves du ministère et notes de l'école com­prises) étaient inférieures à la note de passage par le nombre total de cours qu'ont suivis les étudiants de l'école. 

L'équité de l'enseignement se mesure en partie par la capacité de l'école à faire réussir le plus grand nombre possible de ses élèves aux épreuves du ministère, et pas seulement par l'augmentation de la moyenne des résultats. Il incombe en effet aux écoles de préparer leurs élèves aux examens finaux. 

Plusieurs arguments militent en faveur de cet indicateur de l'équité de l'enseignement. D'abord, les quatre matières visées ont une importance capitale pour tous les étudiants, indépendamment des voies qu'ils se proposent de prendre après leurs études secondaires. Par surcroît, deux de ces cours (langue d'enseignement au niveau secondaire V et histoire du Canada et du Québec au niveau secondaire IV) sont indispensables à l'obtention du diplôme d'études secondaires. Les étudiants anglophones sont également tenus de réussir le cours de français langue seconde au niveau secondaire V. Quant au cours de sciences physiques de niveau secondaire IV, celui-ci est une condition préalable à l'admission dans de nombreux programmes collégiaux. En second lieu, comme chacun des quatre cours inclus dans l'indicateur suppose lui-même la réussite préalable de cours précédents, sa réussite indique aussi la qualité de la préparation reçue par les élèves pendant les années antérieures. Puisque la réussite de ces cours témoins a une importance critique pour tous les étudiants et puisqu'elle démontre aussi la réussite de cours précédents, il est tout à fait sensé d'ajouter le pourcentage d'échec aux épreuves à notre gamme d'indicateurs de performance des écoles. 

2 Écart entre les sexes quant aux résultats scolaires 
  
Dans une étude récente sur la disparité scolaire entre les sexes, en Colombie-Britannique, les auteurs ont conclu que rien ne justifiait que garçons et filles obtiennent des résultats différents s'ils ont reçu un enseignement et une orientation efficaces(13). L'étude a toutefois souligné que, dans le courant de l'année, les filles obtenaient des notes supérieures de leurs professeurs dans toutes les matières mais qu'il en allait tout autrement de leurs résultats aux épreuves provinciales de fin d'année. Il semble donc que les écoles de Colombie-Britannique visées par cette étude aient généralement surestimé les résultats des filles par rapport à ceux des garçons(14). Les données du ministère de l'Éducation du Québec, sur lesquelles se base la présente étude, donnent aussi des signes de disparité systématique entre les sexes. Les résultats de 1998-1999, par exemple, montrent que les filles ont obtenu des résultats supérieurs d'environ 4,5 points à ceux des garçons aux épreuves de langue maternelle en secondaire V alors que garçons et filles avaient des résultats à peu près égaux aux épreuves de sciences physiques de secondaire IV. Or, l'écart n'était pas le même dans les résultats accordés par l'école en cours d'année, ceux des filles étant supérieurs de 6,5 points en langue maternelle et d'environ 2 points en sciences physiques. 

Les indicateurs d'écart entre les sexes démontrent la surestimation, par les écoles, des résultats scolaires des filles. Voici l'algorithme de calcul de cet indicateur: 

  • on établit d'abord, chez les filles, l'écart entre les résultats scolaires accordés par l'école dans le courant de l'année et ceux obtenus aux épreuves finales dans deux matières: sciences physiques (secondaire IV) et langue d'enseignement (secondaire V); 
  • on calcule ensuite ce même écart chez les garçons; 
  • on fait enfin la différence entre les écarts cal­culés en (1) et (2). 
Lorsque l'on tient compte des six années sco­laires visées par l'étude, on observe que les filles étaient favorisées dans plus de 75% des cas aux cours de langue d'enseignement et dans 65% des cas aux cours de sciences physiques. Pourquoi les filles semblent-elles jouir d'un tel avantage dans les notes attribuées par l'école indépendamment de leurs résultats aux épreuves? Ces écarts témoignent-ils de différences réelles dans l'apprentissage ou d'une inclination systématique des méthodes d'évaluation locales? Dans un cas comme dans l'autre, les écoles présentant un faible écart entre les sexes réussissent mieux que les autres à aider leurs élèves, filles ou garçons, à s'accomplir pleinement. 

Quelle est la performance de l'école? 
  
La cote globale sur 10 
  
Même si chaque indicateur a son importance, on observe presque toujours qu'une école réussit mieux à l'égard de certains indicateurs que d'autres. C'est pourquoi, de la même façon qu'un professeur qui doit arrêter son jugement sur le rendement global de son élève, nous devons nous doter d'un indicateur général de la performance d'une école. Comme le professeur, qui tient compte des tests, des travaux et de la participation en classe pour évaluer son élève, nous avons combiné tous nos indicateurs pour créer une cote globale de l'école. 

Avant de calculer cette cote, nous avons standardisé les résultats à l'égard de chacun des indicateurs, et ce, pour chacune des six années sco­laires visées. Cette standardisation consistait à convertir des séries de données aux propriétés statistiques hétérogènes en séries homogènes. Les valeurs ainsi standardisées pouvaient alors être combinées et comparées. 

Après avoir standardisé les données, nous les avons donc combinées pour attribuer à chaque école, à chaque année, cinq indicateurs standardisés: 

  • Résultats aux épreuves (%) - Il s'agit du résultat combiné moyen obtenu aux épreuves par les élèves de l'école dans toutes les matières visées par la présente étude et pour lesquelles le ministère de l'Éducation a pu fournir des données. 
  • Échec (%) - Cet indicateur représente le taux d'échec des élèves de l'école pour l'ensemble des matières visées. 
  • Surestimation par l'école (%) - Cet indicateur représente la marge par laquelle les notes attribuées aux étudiants par l'école, en cours d'année, dépassent leurs résultats aux épreuves du ministère dans les quatre matières visées. 
  • Écart sexes : langue maternelle (%) - Cet indicateur représente l'écart entre les sexes quant à la surestimation par l'école dans la langue d'enseignement (secondaire V). 
  • Écart sexes : sciences physiques (%) - Cet écart représente l'écart entre les sexes quant à la surestimation par l'école en sciences physiques (secondaire IV). 
Les cinq indicateurs standardisés ont par la suite été pondérés et groupés pour produire un résultat global standardisé. Ce résultat, enfin, a été converti en une cote globale sur une échelle de zéro à dix. (On trouvera l'algorithme d'établissement de cette cote à l'Annexe 1.) La cote globale figure aux tableaux sous l'en-tête Cote globale sur 10. Elle répond à la question suivante: « Quelle est la performance de l'école? » 

C'est aussi à partir de la cote globale sur 10 que l'on établit le rang de l'école au classement de sa région administrative et de la province. 
 
 
 

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