| Une mesure
de la performance des écoles secondaires
L'élément clé
du Bulletin est sa cote globale de la performance scolaire de chaque
établissement. Cette cote de zéro à dix est établie
à partir des résultats aux épreuves que publie chaque
année le ministère de l'Éducation.
Quelle est la performance
de l'école à l'égard des principaux indicateurs?
Notre cote globale sur 10
de la performance scolaire s'appuie sur les résultats aux épreuves
obtenus par les élèves dans quatre matières clés:
langue d'enseignement et langue seconde chez les élèves de
secondaire V, sciences physiques et histoire du Canada et du Québec
chez les élèves de secondaire IV. Les indicateurs calculés
à partir de ces données sont les suivants:
-
résultats aux épreuves;
-
pourcentage d'épreuves
manquées;
-
surestimation des résultats
scolaires par l'école;
-
différence entre garçons
et filles à l'égard de la mesure précédente.
Nous avons choisi cet ensemble
d'indicateurs parce qu'ils donnent une vue systématique de la performance
de l'établissement(12).
Comme ces indicateurs sont basés sur des données publiées
annuellement, nous pouvons mesurer non seulement le rendement annuel, mais
aussi son progrès ou son recul au fil des ans.
Indicateurs d'efficacité de l'enseignement
1 Résultats aux
épreuves
Pour chaque école,
sous la rubrique Résultats aux épreuves, le tableau indique
la note moyenne, non convertie, qu'ont obtenue les élèves
dans chacune des quatre matières visées lors des épreuves
du ministère, tenues en juin. Pour déceler d'éventuels
progrès ou reculs, au fil des ans, et pour établir une cote
globale de zéro à dix, on regroupe les résultats moyens
des quatre matières en un seul résultat moyen global. On
trouvera, ci-dessous, une explication détaillée de l'algorithme
utilisé pour établir les tendances et les cotes globales.
Les épreuves sont
conçues pour mettre en évidence, à travers la distribution
des résultats, les écarts inévitables dans l'assimilation
de la matière enseignée. Les résultats à ces
épreuves seront évidemment influencés par des différences,
d'un élève à l'autre, quant aux intérêts,
aux aptitudes, à la motivation et aux habitudes de travail. Ces
différences ne sont pas qu'individuelles puisque l'on peut déceler
par ailleurs des écarts entre les écoles d'une même
région. Les résultats d'une école varient aussi d'une
matière à l'autre. On ne saurait donc expliquer les écarts
en invoquant strictement les particularités individuelles et le
contexte familial des élèves. Pour toutes ces raisons, il
a paru raisonnable d'inclure, parmi les indicateurs d'efficacité
de l'enseignement, les résultats moyens obtenus aux épreuves
du ministère par chacune des écoles.
2 Surestimation par l'école
des résultats scolaires
Cet indicateur (inscrit
aux tableaux sous la rubrique Surestimation par l'école) mesure,
pour chaque établissement, dans quatre matières clés,
l'écart entre les résultats aux épreuves du ministère
et les notes accordées par l'école, dans le courant de l'année,
lors de travaux ou d'examens locaux. On attribue à cet indicateur
une valeur de zéro lorsque le résultat aux épreuves
du ministère est supérieur aux notes attribuées localement
par l'école dans le courant de l'année.
Un enseignement efficace
requiert une vérification régulière des connaissances
assimilées par les élèves pour que ceux-ci puissent
prendre conscience de leurs progrès. La surestimation des résultats
par l'école, s'il s'agit d'une politique systématique, aura
un effet contraire à celui que l'on aurait pu chercher à
créer de cette façon. Des élèves qui s'illusionnent
sur leur succès scolaire seront moins portés à consentir
les efforts supplémentaires qui leur auraient permis de maîtriser
la matière enseignée. Ils perdront au change, n'ayant pas
atteint le niveau de compréhension que leur aurait procuré
une étude plus approfondie.
On peut mesurer l'efficacité
des méthodes d'évaluation internes de l'école en comparant
les résultats de ces méthodes à ceux d'épreuves
externes. Le ministère de l'Éducation, qui a lui-même
conçu les cours, administre aussi les épreuves de fin d'année,
qui mesurent l'assimilation de la matière enseignée. Si les
notes attribuées par l'école indiquent un niveau de succès
scolaire que l'étudiant confirme ou dépasse même par
ses résultats aux épreuves, c'est que l'école a donné
à l'élève une juste évaluation de ses progrès
scolaires. Il convient donc de retenir cet indicateur comme seconde mesure
de l'efficacité de l'enseignement.
Les indicateurs d'équité
dans l'enseignement
Les écoles efficaces
veillent à ce que tous leurs élèves soient encouragés
à s'accomplir pleinement et à ce qu'ils soient assistés
dans cette entreprise, indépendamment de tout désavantage
réel ou perçu résultant de leurs particularités
individuelles et familiales. Les enseignants de ces écoles tiennent
compte des caractéristiques de leurs étudiants dans la conception
et la mise en application des plans de cours. Ce faisant, ils réduisent
les risques de différences systématiques à l'égard
de la réussite scolaire entre divers sous-groupes de la population
étudiante.
1 Échecs dans les
quatre matières considérées
Cet indicateur - représenté
sur les tableaux par la mention Échec (%) - fournit, comme son nom
l'indique, le pourcentage d'échec dans quatre matières essentielles.
On établit ce taux d'échec en divisant le nombre de cours
où les notes finales (épreuves du ministère et notes
de l'école comprises) étaient inférieures à
la note de passage par le nombre total de cours qu'ont suivis les étudiants
de l'école.
L'équité de
l'enseignement se mesure en partie par la capacité de l'école
à faire réussir le plus grand nombre possible de ses élèves
aux épreuves du ministère, et pas seulement par l'augmentation
de la moyenne des résultats. Il incombe en effet aux écoles
de préparer leurs élèves aux examens finaux.
Plusieurs arguments militent
en faveur de cet indicateur de l'équité de l'enseignement.
D'abord, les quatre matières visées ont une importance capitale
pour tous les étudiants, indépendamment des voies qu'ils
se proposent de prendre après leurs études secondaires. Par
surcroît, deux de ces cours (langue d'enseignement au niveau secondaire
V et histoire du Canada et du Québec au niveau secondaire IV) sont
indispensables à l'obtention du diplôme d'études secondaires.
Les étudiants anglophones sont également tenus de réussir
le cours de français langue seconde au niveau secondaire V. Quant
au cours de sciences physiques de niveau secondaire IV, celui-ci est une
condition préalable à l'admission dans de nombreux programmes
collégiaux. En second lieu, comme chacun des quatre cours inclus
dans l'indicateur suppose lui-même la réussite préalable
de cours précédents, sa réussite indique aussi la
qualité de la préparation reçue par les élèves
pendant les années antérieures. Puisque la réussite
de ces cours témoins a une importance critique pour tous les étudiants
et puisqu'elle démontre aussi la réussite de cours précédents,
il est tout à fait sensé d'ajouter le pourcentage d'échec
aux épreuves à notre gamme d'indicateurs de performance des
écoles.
2 Écart entre les
sexes quant aux résultats scolaires
Dans une étude récente
sur la disparité scolaire entre les sexes, en Colombie-Britannique,
les auteurs ont conclu que rien ne justifiait que garçons et filles
obtiennent des résultats différents s'ils ont reçu
un enseignement et une orientation efficaces(13).
L'étude a toutefois souligné que, dans le courant de l'année,
les filles obtenaient des notes supérieures de leurs professeurs
dans toutes les matières mais qu'il en allait tout autrement de
leurs résultats aux épreuves provinciales de fin d'année.
Il semble donc que les écoles de Colombie-Britannique visées
par cette étude aient généralement surestimé
les résultats des filles par rapport à ceux des garçons(14).
Les données du ministère de l'Éducation du Québec,
sur lesquelles se base la présente étude, donnent aussi des
signes de disparité systématique entre les sexes. Les résultats
de 1998-1999, par exemple, montrent que les filles ont obtenu des résultats
supérieurs d'environ 4,5 points à ceux des garçons
aux épreuves de langue maternelle en secondaire V alors que garçons
et filles avaient des résultats à peu près égaux
aux épreuves de sciences physiques de secondaire IV. Or, l'écart
n'était pas le même dans les résultats accordés
par l'école en cours d'année, ceux des filles étant
supérieurs de 6,5 points en langue maternelle et d'environ 2
points en sciences physiques.
Les indicateurs d'écart
entre les sexes démontrent la surestimation, par les écoles,
des résultats scolaires des filles. Voici l'algorithme de calcul
de cet indicateur:
-
on établit d'abord, chez
les filles, l'écart entre les résultats scolaires accordés
par l'école dans le courant de l'année et ceux obtenus aux
épreuves finales dans deux matières: sciences physiques (secondaire
IV) et langue d'enseignement (secondaire V);
-
on calcule ensuite ce même
écart chez les garçons;
-
on fait enfin la différence
entre les écarts calculés en (1) et (2).
Lorsque l'on tient compte des
six années scolaires visées par l'étude, on observe
que les filles étaient favorisées dans plus de 75% des cas
aux cours de langue d'enseignement et dans 65% des cas aux cours de sciences
physiques. Pourquoi les filles semblent-elles jouir d'un tel avantage dans
les notes attribuées par l'école indépendamment de
leurs résultats aux épreuves? Ces écarts témoignent-ils
de différences réelles dans l'apprentissage ou d'une inclination
systématique des méthodes d'évaluation locales? Dans
un cas comme dans l'autre, les écoles présentant un faible
écart entre les sexes réussissent mieux que les autres à
aider leurs élèves, filles ou garçons, à s'accomplir
pleinement.
Quelle est la performance de l'école?
La cote globale sur 10
Même si chaque indicateur
a son importance, on observe presque toujours qu'une école réussit
mieux à l'égard de certains indicateurs que d'autres. C'est
pourquoi, de la même façon qu'un professeur qui doit arrêter
son jugement sur le rendement global de son élève, nous devons
nous doter d'un indicateur général de la performance d'une
école. Comme le professeur, qui tient compte des tests, des travaux
et de la participation en classe pour évaluer son élève,
nous avons combiné tous nos indicateurs pour créer une cote
globale de l'école.
Avant de calculer cette cote,
nous avons standardisé les résultats à l'égard
de chacun des indicateurs, et ce, pour chacune des six années scolaires
visées. Cette standardisation consistait à convertir des
séries de données aux propriétés statistiques
hétérogènes en séries homogènes. Les
valeurs ainsi standardisées pouvaient alors être combinées
et comparées.
Après avoir standardisé
les données, nous les avons donc combinées pour attribuer
à chaque école, à chaque année, cinq indicateurs
standardisés:
-
Résultats aux épreuves
(%) - Il s'agit du résultat combiné moyen obtenu aux épreuves
par les élèves de l'école dans toutes les matières
visées par la présente étude et pour lesquelles le
ministère de l'Éducation a pu fournir des données.
-
Échec (%) - Cet indicateur
représente le taux d'échec des élèves de l'école
pour l'ensemble des matières visées.
-
Surestimation par l'école
(%) - Cet indicateur représente la marge par laquelle les notes
attribuées aux étudiants par l'école, en cours d'année,
dépassent leurs résultats aux épreuves du ministère
dans les quatre matières visées.
-
Écart sexes : langue
maternelle (%) - Cet indicateur représente l'écart entre
les sexes quant à la surestimation par l'école dans la langue
d'enseignement (secondaire V).
-
Écart sexes : sciences
physiques (%) - Cet écart représente l'écart entre
les sexes quant à la surestimation par l'école en sciences
physiques (secondaire IV).
Les cinq indicateurs standardisés
ont par la suite été pondérés et groupés
pour produire un résultat global standardisé. Ce résultat,
enfin, a été converti en une cote globale sur une échelle
de zéro à dix. (On trouvera l'algorithme d'établissement
de cette cote à l'Annexe 1.) La
cote globale figure aux tableaux sous l'en-tête Cote globale sur
10. Elle répond à la question suivante: « Quelle
est la performance de l'école? »
C'est aussi à partir
de la cote globale sur 10 que l'on établit le rang de l'école
au classement de sa région administrative et de la province.
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