Bulletin des écoles secondaires du Québec, Édition 2000 
  Peter Cowley et Richard Marceau
 
 
 
Autres indicateurs de performance scolaire 
  
Le Bulletin comporte par ailleurs un certain nombre d'indicateurs supplémentaires qui, même si on ne les a pas pris en compte dans l'établissement de la cote globale, apportent des nuances additionnelles sur l'efficacité de chaque école. 
  
L'école progresse-t-elle? 
L'indicateur de tendances  
  
Le Bulletin récapitule les données des six dernières années pour la plupart des écoles en ce qui concerne chacun des indicateurs à l'exception de la diplomation (voir ci-après). Cet ensemble de données historiques dépasse le simple portrait instantané des résultats annuels et témoigne (le cas échéant) des progrès ou reculs survenus au fil des années. Il arrive toutefois que l'on ait de la difficulté à juger du progrès, du maintien ou du recul d'une école par un simple survol des données historiques. Les tendances sont particulièrement difficiles à déceler dans le cas des résultats aux épreuves. Les résultats et taux d'échec à une même épreuve peuvent changer du tout au tout d'une année à l'autre. Il peut donc être difficile de savoir si l'évolution des résultats d'une école s'explique par l'amélioration de sa performance ou par de simples différences dans le contenu de l'examen. 

C'est pour faciliter cette recherche des ten­dances que nous avons mis au point l'indicateur de tendances. Basé sur une méthode appelée « analyse de régression », cet indicateur identifie les variations significatives d'un point de vue statistique dans les résultats aux épreuves(15). Dans de telles circonstances, il est vraisemblable que les résultats de l'école aient réellement changé par rapport à ceux d'autres établissements. Ces tendances sont calculées seulement lorsque l'on dispose de données représentant au moins cinq années scolaires, les calculs étant beaucoup moins fiables lorsque le nombre de valeurs mesurées est trop restreint. 

Les élèves achèvent-ils à temps leurs études secondaires? 
  
Les élèves du secondaire sont appelés à prendre un certain nombre de décisions lourdes de conséquences. Ils doivent d'abord choisir le degré de priorité qu'ils attribueront à leurs études. Viennent ensuite le choix des cours optionnels et des projets d'études postsecondaires ou de carrière. 

Ces jeunes prendront-ils de bonnes décisions? Il serait utopique de croire qu'ils y arriveront sans conseils, sans encouragement et sans assistance. Vers qui peuvent-ils se tourner pour des conseils pratiques et bien fondés? Les parents, pour la plupart, sont bien prêts à guider leurs enfants, mais tous ne possèdent pas l'information nécessaire pour donner de bons conseils. Il incombe donc à l'école d'assumer sa part de responsabilités en conseillant les élèves et leurs parents à propos de ces choix. Évidemment, les élèves les plus sages solliciteront non seulement l'avis des conseillers d'orientation désignés par leur école, mais aussi ceux de professeurs, d'administrateurs, de parents et d'autres membres de leur famille. Là où les étudiants sont bien soutenus par leur famille et par leur milieu, la charge de l'école à l'égard de l'orientation pourra paraître moins lourde. À l'inverse, le rôle de l'établissement pourra sembler plus exigeant là où les élèves ont moins de ressources. Cet indicateur mesure donc le succès obtenu par l'institution dans l'utilisation des moyens dont elle dispose pour aider ses élèves à prendre de bonnes décisions à propos de leurs études. 

L'une des plus importantes décisions que doivent prendre les étudiants concerne la poursuite de leurs études et l'achèvement en temps opportun de leur cours secondaire. On trouve bien des excuses pour ralentir la cadence ou même pour abandonner: « je pourrais bien rattraper plus tard les quelques cours dont j'ai besoin », « j'échouerai de toute façon, alors pourquoi essayer? », « un emploi m'attend, à 12,25 $ l'heure, alors je n'ai pas les moyens de rester à l'école ». On pourrait poursuivre indéfiniment cette litanie. 

Le diplôme d'études secondaires conserve une grande valeur puisqu'il ouvre la porte à toute une gamme d'options en matière d'éducation postsecondaire. Qui plus est, les diplômés du secondaire qui décident de se lancer immédiatement sur le marché du travail trouveront, en moyenne, des perspectives d'emploi plus radieuses que leurs collègues sans diplôme. À cela s'ajoute le fait que la majorité des élèves peuvent obtenir leur diplôme d'études secon­daires sans grande difficulté. Le risque qu'un élève n'obtienne pas son diplôme simplement parce qu'il ne peut pas satisfaire aux exigences intellectuelles du programme demeure plutôt faible. Malgré tout, le taux de diplomation varie assez fortement d'une école à l'autre, à l'intérieur de la province. 

Le taux de diplomation (indiqué sur les tableaux par la mention Diplomation %) désigne le pourcentage d'élèves initialement admis en secondaire I, qui ont obtenu leur diplôme d'études secondaires en moins de cinq ans (c'est-à-dire dans le délai normal). Le résultat est inscrit dans la colonne correspondant à l'année d'obtention du diplôme. 

On compte bien sûr d'autres facteurs susceptibles d'affecter les données. C'est le cas notamment des absences, des changements d'école, des déménagements dans d'autres provinces, de la maladie, des décès, etc. Rien, toutefois, ne permet de craindre que ces facteurs affectent les résultats de certaines écoles plus que d'autres. C'est pourquoi nous considérons les variations de la diplomation comme des indices de la qualité des conseils fournis aux élèves alors qu'ils délibèrent sur leurs options en matière d'éducation. 

Cet indicateur, comme nous l'avons déjà écrit, n'a pas servi au calcul de la cote globale sur 10, car nous n'avons pu l'obtenir que dans le cas des écoles publiques. Nous nous proposons de l'inclure dans le calcul de la cote globale l'an prochain, si les données des écoles privées deviennent disponibles comme prévu. 

Quel est le poids des facteurs socio-économiques dans la cote globale d'une école? 
Les indicateurs socio-économiques 
  
Les éducateurs ont l'occasion et le devoir de tenir compte des aptitudes, intérêts et antécédents de leurs élèves lorsqu'ils conçoivent leurs plans de cours et enseignent leurs matières. Ce faisant, ils peuvent pallier les désavantages qui touchent leur population étudiante. Le Bulletin comprend, à cet égard, deux indicateurs socio-économiques: l'indicateur Revenus des parents nous permet de reconnaître les écoles dont les élèves ont des statuts économiques similaires; quant à l'Effet socio-économique, celui-ci représente le poids ou l'influence des caractéristiques socio-économiques dans la cote globale. 

Voici comment on a établi ce facteur d'effet socio-économique: nous avons d'abord croisé les données de fréquentation scolaire par code postal du ministère de l'Éducation avec les données socio-économiques, issues du recensement de 1996, qui nous ont été fournies par Statistique Canada(16). Nous avons ensuite établi un profil familial de la population étudiante pour chacune des écoles figurant au Bulletin. Puis, nous avons eu recours à la régression multiple - une technique d'analyse statistique - pour voir quelles caractéristiques des familles et de l'école étaient associées à des variations dans la cote globale. 

C'est en tenant compte simultanément de toutes ces variables que nous avons cerné un certain nombre de caractéristiques familiales pouvant être corrélées de façon significative avec la cote globale: pourcentage des familles dont la mère (dans le cas de familles biparentales) ou le seul parent (dans le cas des familles monoparentales) déclare ignorer les deux langues officielles; revenu de travail moyen des parents (exprimé en logarithme naturel); âge moyen de la mère (dans le cas d'une famille biparentale) ou du seul parent (dans le cas de familles monoparentales). Des valeurs élevées au titre de la première variable étaient associées à des cotes globales plus faibles. Quant aux deux autres variables, leurs valeurs tendaient à augmenter en même temps que la cote globale de l'institution. 

Nous nous sommes servis d'une formule dérivée de l'analyse de régression pour recalculer la cote globale nette de chaque école en éliminant du compte l'effet des caractéristiques socio-économiques. La différence entre la cote globale réelle et la cote nette ainsi obtenue figure aux tableaux à titre d'effet socio-économique. Comparons, par exemple, l'effet socio-économique dans trois écoles de la région administrative de Québec. Le séminaire Saint-François a obtenu, en 1998-1999, une cote globale de 8,7 mais son effet socio-économique de 1 donne à penser qu'au moins un point de la cote globale est attribuable aux avantages dont jouissent les familles des élèves. On peut donc réduire la cote de l'école à 7,7 sur 10 pour établir sa cote nette. À l'école Vanier, au contraire, la cote globale de l'école (4,2 sur 10) se trouve grevée par l'effet socio-économique de -1. La cote globale de l'établissement peut donc être augmentée d'un point pour établir sa cote nette. Enfin, à la polyvalente Saint-Aubin, la cote globale sur 10 ne semble nullement faussée par l'effet socio-économique. Il n'y a donc pas lieu de la rajuster. 

Deux mises en garde s'imposent en ce qui concerne cette mesure du profil socio-économique de la population étudiante: d'abord, pour l'ensemble des écoles visées par le présent Bulletin, seule une part mineure de la variation entre établissements peut être associée aux facteurs socio-économiques étudiés. Selon toute évidence, beaucoup d'autres facteurs - dont la qualité de l'enseignement, de l'orientation et de l'administration scolaire - contribuent à l'efficacité des écoles. Deuxièmement, ces mesures statistiques décrivent les relations passées entre les caractéristiques socio-économiques et une mesure de l'efficacité scolaire. Il ne faut pas en déduire que ces relations sont immuables. Mieux l'école saura conduire ses élèves au succès, plus la relation sera faible entre le profil familial et le succès scolaire. Ainsi, les indicateurs socio-économiques ne servent ni d'excuses ni de prétextes à une mauvaise performance de l'établissement. 

On trouvera, à l'Annexe 2, les résultats de l'analyse de régression multiple ayant servi à établir cet indicateur d'effet socio-économique. 
  
 
 

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