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| Bulletin
des écoles secondaires du Québec, Édition 2001
Richard Marceau et Peter Cowley, avec la collaboration de Sylvain Bernier |
Introduction Lors de la parution de la première édition du Bulletin des écoles secondaires du Québec l'an dernier, la réaction fut immédiate. Une quantité impressionnante de reportages et d'éditoriaux ont été soit publiés par les journaux, soit diffusés par la radio et la télévision, et ce, à travers toute la province. D'ailleurs, le journal Le Devoir indiquait en décembre dernier que le nombre de demandes d'admission pour les écoles ayant fait bonne figure au Bulletin avait augmenté sensiblement(1). Une enquête auprès de 525 adultes québécois – parents ou non – a révélé que 75 % d'entre eux considèrent que le Bulletin constitue un moyen novateur pour améliorer les écoles de la province(2). Gary Stronach, président de la Fédération des comités de parents du Québec, soutient que le Bulletin « nous donne des informations que nous n'avons pas(3) ». Pendant plusieurs semaines, élèves, parents, professeurs et professeures, directeurs et directrices d'école, cadres scolaires et fonctionnaires, ainsi que contribuables ont dirigé simultanément leur attention vers la performance des écoles. Un intérêt aussi marqué est une condition nécessaire au progrès de nos institutions scolaires. Le véritable but: soulever des discussions Même si cette réaction est encourageante, le Bulletin n'atteindra son véritable but que lorsque les données qu'il contient seront l'objet de discussions ouvertes entre tous ceux qui sont concernés par l'école secondaire. Mais il n'est pas toujours facile de susciter de telles discussions. Confrontés pour la première fois au Bulletin, plusieurs intervenants et intervenantes du milieu ont adopté des attitudes défensives. Ils y ont peut-être vu une attaque à leur professionnalisme. Il n'en est rien. Tous les acteurs du monde scolaire savent que la rétroaction est une composante essentielle de l'apprentissage et du progrès. Et, puisque le Bulletin informe sur la performance passée des écoles, il fournit une variété de renseignements pertinents. Certains préféreraient que ces renseignements ne soient pas rendus publics. Ils craignent peut-être que les parents n'aient pas suffisamment le temps d'analyser ces données ou qu'ils ne disposent pas des compétences nécessaires à une telle analyse. Il est vrai que certaines données nécessitent une interprétation. Mais le débat ouvert améliorera la capacité de tous à bien interpréter le Bulletin. D'autres craignent peut-être que les parents et les contribuables comprennent trop bien le sens de ces données et que, en conséquence, ils modifient le choix d'école pour leurs enfants. Il est vrai que l'insatisfaction des parents est quelquefois un profond facteur de changement et de progrès. Il est certain qu'un accès simple et peu coûteux aux données de performance scolaire contribuera, grâce à un débat ouvert, à améliorer le sort des élèves. Certaines écoles font mieux que d'autres Le Bulletin montre que certaines écoles font mieux que d'autres. Même en tenant compte des caractéristiques des élèves ou de leur milieu de vie – explications auxquelles on réfère habituellement pour expliquer la performance des élèves – les résultats moyens des écoles diffèrent. Cela est confirmé systématiquement par des recherches dans d'autres pays(4). Évidemment, personne ne sera surpris par le fait que, de manière systématique, la comdposition de la population étudiante d'une école affecte sa performance et que certaines écoles contribuent plus que d'autres aux résultats scolaires. Malheureusement, alors que certains aiment bien discuter des aspects positifs de leur contribution, ils sont moins disposés à débattre publiquement de leurs faiblesses. Le Bulletin fournit des données solides – réjouissantes ou décevantes selon les cas – et offre aux éducateurs et éducatrices une occasion de se confronter à la réalité, point de départ pour un progrès souhaitable. La comparaison est au coeur de tout processus d'amélioration La comparaison des résultats aide à approfondir notre compréhension de l'efficacité d'une école. En comparant ses tout derniers résultats avec ceux des années précédentes, il est possible de savoir si une école s'améliore ou non. En comparant les résultats d'une école avec ceux d'écoles voisines ou d'écoles dotées d'une population étudiante similaire, il est possible d'identifier les écoles plus performantes et d'en tirer des leçons. Par ailleurs, l'usage des résultats aux épreuves provinciales permet de situer les écoles dans un contexte plus large. Même si le propos du Bulletin n'est pas d'identifier les écoles gagnantes et les écoles perdantes, il y a un grand avantage à repérer les écoles qui réussissent particulièrement bien. En reconnaissant et en reprenant à leur compte les techniques éprouvées dans ces écoles, les écoles moins performantes peuvent trouver là une façon de s'améliorer. En Grande-Bretagne par exemple, le ministère de l'Éducation identifie les écoles qui ont démontré une certaine expertise à relever des défis de gestion, d'enseignement ou de conseils spécialisés(5). La comparaison est au coeur de tout processus d'amélioration et les divers indicateurs du Bulletin la rendent plus simple et plus signifiante. Que doit-on mesurer ? Même si les écoles diffèrent quant à leur population étudiante, elles doivent toutes satisfaire certains besoins de base. Les professeurs et professeures doivent s'assurer que leurs élèves développeront certaines compétences et acquièreront un certain savoir dans chacune des matières de base. Ils doivent fournir une rétroaction raisonnablement précise et complète aux élèves et aux parents concernant les progrès des élèves. Ils doivent concevoir et réaliser des activités qui prennent en compte d'inévitables différences individuelles. Les écoles efficaces encourageront leurs élèves à cheminer sans retard dans leurs études secondaires jusqu'à l'obtention du diplôme. À tous ces égards, le Bulletin fournit un ensemble de données factuelles sur la capacité des écoles à rencontrer ces besoins de base. Notre choix des indicateurs de performance scolaire dépend cependant largement de la disponibilité des données jugées pertinentes. Nous avons choisi des données qui sont produites annuellement par le ministère de l'Éducation de manière à ce qu'elles soient comparables d'une école à l'autre et d'une année à l'autre. À partir de ces données, nous avons calculé, pour chaque école et pour sept années scolaires consécutives, de 1993/1994 à 1999/2000, six indicateurs de performance scolaire.
Le Bulletin peut aider les parents à choisir Le Bulletin peut éclairer les décisions des parents qui ont le choix entre plusieurs institutions d'enseignement. Comme il facilite les comparaisons, le Bulletin indique aux parents quelles sont les écoles du voisinage où les élèves réussissent le mieux leurs études. Les parents peuvent aussi se servir du Bulletin pour juger du progrès ou du recul des établissements qui les intéressent. Les parents qui auront d'abord étudié le Bulletin seront mieux préparés pour poser des questions pertinentes lorsqu'ils rencontreront les directeurs et directrices, enseignants et enseignantes des écoles où ils songent à inscrire leurs enfants. Le choix d'une école, bien sûr, ne devrait pas reposer sur une seule source d'information, mais le Bulletin ne fournit pas moins un portrait détaillé de chacune, ce que l'on ne trouve pas facilement ailleurs. Nos écoles représentent un enjeu important pour les contribuables La très grande majorité des élèves québécois fréquentent des établissements financés en tout ou en partie par les contribuables. Pendant l'année scolaire 1999/2000, les écoles élémentaires et secondaires du Québec ont coûté à ces contribuables environ 7 milliards et demi de dollars en dépenses de fonctionnement et en immobilisations. Une dépense publique d'une pareille ampleur appelle une mesure constante et indépendante des résultats. Tout contribuable intéressé par la question devrait avoir facilement accès à de tels rapports. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans cette deuxième édition du Bulletin? Un indicateur du Taux de promotion Comme il a été dit précédemment, cette édition introduit un nouvel indicateur intitulé Taux de promotion. Il indique la capacité de l'école à maintenir ses étudiants débutant en 4e secondaire dans le système scolaire et à les faire progresser sans retard jusqu'à l'obtention du diplôme. Cet indicateur complète fort bien les cinq autres. Alors que les autres indicateurs nous renseignent sur la qualité de la formation offerte par l'école, celui-ci rend compte de la capacité de l'école à amener ses élèves à se présenter aux épreuves de fin de secondaire, en somme, une mesure de la quantité d'élèves formés par l'école. Des indicateurs de la
composition de la population étudiante
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